Culture et patrimoine

Culture et patrimoine

En Franche-Comté, architecture et nature se mélangent et s’assemblent en un bouquet unique. Un esthétisme et des traditions à part entière qui sont fortement liés à l’histoire sociale et économique de la région. Toute une ribambelle de symboles identitaires qui s’affirment haut et fort sur le territoire.

La prestance comtoise

L’identité comtoise se démarque par son architecture traditionnelle et religieuse. Aussi variées que robustes, les habitations s’accordent avec les paysages, tout comme les fameux clochers comtois et les innombrables fontaines.

De solides bâtisses

Toujours d’un bloc, avec de petites fenêtres, les maisons rurales existent sous trois grands types. La maison agricole de plaine : grosse bâtisse au vaste toit avec murs en pans de bois sur soubassements de pierres. La maison vigneronne : sur cave, toute en pierre, accessible par un escalier extérieur protégé par l’avancée du toit. Et enfin la maison de haute montagne : des murs de pierre épais protégés de tavaillons (petites plaques d’épicéa) ou de zinc avec un grenier à fourrage à l’étage. Cette dernière présente une immense cheminée pyramidale en bois et particulièrement typique : le tuyé.

Indétrônables couronnes

Historiquement malmené, le clocher comtois est aujourd’hui emblème de la région. On en dénombre pas moins de 700, tous différents les uns des autres par leur taille et leur couverture. De plan carré ou rectangulaire, il est formé d’une toiture à quatre pans en contre-courbes, habile travail de charpente. Couverte de tuiles, tavaillons, plaques de zinc ou bardeaux de bois, la coupole est dite « à l’impériale » pour sa forme de couronne. La variété des couleurs et des motifs fait du clocher comtois un symbole identitaire qui différencie les villages. Rôle également joué par les 1105 autels et retables artisanaux recensés dans la région.

Rafraîchir les villages

Construits à l’initiative de l’administration des eaux et forêts au XVIIIe siècle, les fontaines se sont multipliées grâce à la généreuse hydrographie de la région. Utiles et conviviales, elles deviennent vite les centres de la vie rurale. De formes variées, couvertes ou non, certaines sont adaptées en lavoir et d’autres sont rattachées à la mairie. Une association qui fait naître de drôles de bâtiments comme à Mailleroncourt-Saint-Pancras, Dampierre-sur-Salon ou encore Beaujeu.

A visiter :

Dissimulés ici et là dans la région, nombreux sont les sites insolites à explorer. Des constructions originales aux phénomènes géologiques improbables, ils attendent et surprennent les visiteurs en quête de découverte.

Fondremand (Haute-Saône) est un vieux village chargé d’histoire qui compte environ 200 habitants et abrite la source de la Romaine. Eglise, château, donjon, remparts et maisons d’époque accueillent chaque année près de 20 000 personnes pour les journées artisanales.

La grotte d’Osselle
 (Doubs) est une des plus anciennes cavernes connues mais aussi la plus importante nécropole mondiale d’ours de cavernes, avec plus de 2 000 squelettes. 1 300 mètres de galeries visitables pour apprécier les cristallisations et colorations du décor naturel.

Lods (Doubs) est un ancien village de vignerons et de forgerons classé parmi les plus beaux villages de France. Musée de la vigne et du vin, rivière de la Loue et ruelles grimpantes, Lods invite à la promenade.

Métabief (Doubs) est une station de sports d’hiver où domine le ski de fond, et, en été, le VTT. Une grande aire de loisirs pour toute la famille.

Le palais Granvelle (Doubs) est un édifice construit au XVIe siècle à Besançon par Nicolas Perrenot de Granvelle, homme de confiance de l’empereur allemand suzerain de la Comté, Charles Quint. Outre son élégance, on y trouve le musée du temps, en souvenir de l’industrie horlogère de la région ainsi que de nombreuses manifestations culturelles.

La pharmacie de l’hôpital Saint-Jacques
(Doubs) à Besançon est une apothicairerie constituée vers 1680 par Gabriel Gascon. Ancien lieu de préparation des potions et pilules, la pharmacie offre un décor luxueux : boiseries, dorures, peintures, cheminée et étagères de faïences de la fin du XVIIe siècle.

L’usine PSA Peugeot-Citroën (Doubs) au cœur de l’agglomération de Sochaux-Montbéliard est l’une des usines automobiles les plus modernes d’Europe. Premier site industriel de France, on y trouve le musée de l’aventure Peugeot.

Les reculées de Baume-les-Messieurs
(Jura) sont de courtes vallées encadrées d’impressionnantes falaises qui abritent toutes sortes de grottes, cascades et rivières souterraines. Difficiles d’accès, elles hébergent une flore et une faune montagnardes extrêmement riches.

Les Rousses (Jura), située à 1 100 mètres d’altitude, est la plus grande station de ski du Jura. On y trouve également un immense fort au cœur du parc naturel du Haut Jura. Anciennement militaire, il a été transformé en parc d’attractions ainsi qu’en cave d’affinage.

L’épicerie Perello (Territoire de Belfort), monument historique fondée en 1825 à Belfort, a conservé son aménagement et sa décoration baroque. L’épicier reproduit la tradition des emballages d’origine et propose toutes sortes de thés et cafés.

Le Lion de Belfort (Territoire de Belfort) est une sculpture de Frédéric Bartholdi. Longue de 22 mètres et haute de 11, elle est constituée de blocs de grès rose de Pérouse, sculptés individuellement, puis déplacés sous le château de Belfort pour y être assemblés. Le Lion symbolise la résistance héroïque de Belfort menée par le colonel Denfert-Rochereau lors du siège de la ville par l’armée prussienne en 1870 et qui dura 103 jours.

Sites architecturaux

Forts et fortifications, édifices sacrés et industriels, nombreux sont les bâtiments qui témoignent de l’histoire de la région. Nés de l’imagination d’architectes reconnus, ils sont précieusement conservés et vous ouvrent volontiers leurs portes.

Vestiges romains et moyenâgeux

En Franche-Comté, le passé peut se lire dans l’héritage architectural mais le temps et les guerres ont effacé bon nombre de sites antiques. A tel point qu’il est difficile d’imaginer Vesontio, ancienne cité romaine recouverte par l’actuelle Besançon. Seule la porte noire et quelques restes d’aqueducs en attestent. De même à Mandeure et à Villards-d’Héria où l’on peut explorer les vestiges d’un vaste théâtre et de systèmes hydrologiques encore pleins de mystères pour l’archéologie. Le Moyen Age a aussi laissé des traces avec ses églises et ses vieux châteaux (plus d’un millier dénombré, un quart seulement est visible) à l’image de ceux d’Oricourt et de Frontenay. Edifices stratégiques, la plupart seront dotés de nouvelles fortifications à compter du XVIe siècle.

Vauban, fin stratège

Considéré comme le plus célèbre fortificateur, Vauban a marqué la région de son savoir-faire avec quatre sites majeurs. Les plus remarqués ? Ceux des citadelles de Belfort et de Besançon. Parfaitement conservées, elles illustrent les plans d’urbanisme et les principes défensifs imaginés par Vauban. Ne se limitant pas qu’aux citadelles, ses œuvres se retrouvent dans les paysages francs-comtois. Des lieux comme le château de Joux par exemple, symbole de la lutte contre l’esclavage et ancienne prison d’Etat ayant accueillie Toussaint Louverture et Mirabeau. Mais aussi le fort Saint-André, surplombant Salins-les-Bains et aujourd’hui reconverti pour l’hébergement.

Industrie et modernité

Des monuments plus insolites composent aussi l’architecture régionale. La Saline Royale d’Arc-et-Senans, manufacture du XVIIIe siècle conçue par Claude-Nicolas Ledoux en est un bel exemple. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle illustre une vision de cité ouvrière idéale et futuriste. Dans le Jura, les Forges de Syam, vestiges de l’industrie sidérurgique, sont toujours en activité avec une partie de l’outillage d’époque encore en service. Enfin, l’originale Chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp, trace du célèbre architecte franco-suisse Le Corbusier, est un élément majeur de l’art sacré contemporain.